L'effondrement de mars révèle des incohérences dans les cotes de risque

27 avril 2020

La forte baisse du marché en mars a touché presque toutes les catégories d'actifs. En fait, seules deux catégories CIFSC, Marché monétaire canadien et Marché monétaire américain, ont affiché des rendements positifs. Les fonds d'Actions énergétiques ont connu le plus grand déclin, chutant de 32,8 % en moyenne. Ces fonds ont été touchés non seulement par l'éclosion de la COVID-19 et les implications économiques qui en ont découlé, mais ils ont également été les plus directement touchés par la guerre des prix qui a causé un effondrement des cours du pétrole.

D'autres déclins notables concernent les quatre catégories de PME, qui accusent de pertes allant de 16 à 24 %, et les Actions privilégiées à revenu fixe, qui ont perdu plus de 20 %. Même les catégories soi-disant sûres de Revenu fixe ont pris un coup : les catégories Revenu fixe canadien et Revenu fixe mondial ont chuté de 3,6 % et 4,0 % en moyenne.

Ces types de pertes ne sortent pas de l'ordinaire. Regardez simplement les pertes subies par les fonds lors de la grande crise financière de 2008, ou lors du krach boursier de 1987. Certes, les baisses rapides et les importantes fluctuations quotidiennes que nous avons connues en mars étaient extrêmes, même par rapport aux normes historiques. Mais les marchés haussiers ne sont pas éternels, et les investisseurs devraient s'attendre à ce que les fonds subissent des pertes mensuelles ou annuelles tout au long d'un cycle économique. Cependant, les investisseurs devraient également pouvoir s’attendre à une volatilité et à des pertes qui sont en accord avec le risque de placement énoncé.

Pour les fonds communs de placement et les FNB, les cotes de risque sont calculées par les gestionnaires de fonds qui utilisent une méthodologie prescrite par les Autorités canadiennes en valeurs mobilières (ACVM), qui est basée sur un écart type sur 10 ans (ÉT). Au cours des dernières années, il a bien été démontré que la volatilité du marché a diminué, et par conséquent, les cotes de risque ont évolué à la baisse. Cela a conduit à des écarts entre les cotes de risque et le risque réel de nombreux fonds.

Commençons par étudier la catégorie Actions canadiennes. La majorité des fonds de cette catégorie (environ 75 %) ont un niveau de risque « Moyen ». De plus, il y a deux fonds dont le niveau de risque est noté « Moyen à élevé » et 43 fonds avec un risque « Faible à moyen ».

Comme vous pouvez le voir, la perte moyenne en mars pour le niveau de risque Faible à moyen était très similaire à celle des fonds à risque moyen. Et ils ont d'ailleurs fait pire que les fonds à risque Moyen à élevé. Le pire fonds de la catégorie Actions canadiennes avec un niveau de risque faible à moyen a perdu plus de 26 %!

Pour être clair, je ne dis pas que les personnes ayant investi dans les Actions canadiennes ne devraient jamais s'attendre à une perte de cette magnitude. Ils devraient être conscients, selon les corrections de marché passées, que ce type de déclin est une possibilité réelle, voire même inévitable. En septembre et en octobre 2008, le fonds moyen d'Actions canadiennes a perdu plus de 27 %. La différence est qu'à cette époque, les fonds d'Actions canadiennes, ou tout fonds d'actions, d’ailleurs, n'était pas présentés comme des fonds à risque inférieur à la moyenne. Aujourd'hui, près de 18 % des fonds d'actions ont un niveau de risque « Faible à moyen ». Et cela inclut des fonds provenant de catégories qui étaient normalement considérées comme possédant un risque supérieur à la moyenne, telles qu’Actions de marchés émergents, Actions de PME principalement canadiennes, et Actions de l'immobilier.

Étudions maintenant un exemple encore plus extrême. Les fonds d'Actions énergétiques ont toujours été considérés comme étant des produits de placement à haut risque. Mais comme vous pouvez le voir ci-dessous, plus de la moitié des fonds de cette catégorie présentent maintenant des cotes de risque en dessous du niveau Élevé, dont trois ont un niveau de risque noté Moyen. Paradoxalement, ces fonds à risque soi-disant moyen ont réalisé de pires performances en mars, en moyenne, que les fonds de catégories à risque plus élevé.

Un des fonds à niveau de risque Moyen a réussi à perdre près de 50 %. Je pense qu'on peut dire sans se tromper qu'un investisseur dont la tolérance au risque est moyenne ne s'attendrait pas à perdre la moitié de son investissement en un seul mois. Ce fonds en particulier ne possède pas d'historique de dix ans, mais à la fin du mois de février, son ÉT sur huit ans était déjà de 17 %. Fin mars, il est passé à 24 %. Cela signifie que lorsque le gestionnaire renouvellera les documents du fonds en août, il y a de fortes chances que la cote de risque de ce fonds passe à « Élevé », ce qui le ferait monter de deux tranches de risque. Cela n'aidera en rien les investisseurs dont la tolérance au risque est moyenne, qui ont subi des dépréciations importantes de leur portefeuille au cours du mois dernier. Et dans de nombreux cas, les conseillers seront obligés de vendre le fonds dans ces comptes, limitant ainsi les pertes, car il ne sera plus considéré comme un investissement approprié en fonction de la tolérance au risque du client.

Il s'agit d'un problème qui touche l'ensemble de l'industrie, et des dizaines de fonds ont connu une volatilité et des pertes en mars qui étaient totalement incompatibles avec leurs cotes de risque. Le fait est que les gestionnaires appliquaient simplement la méthodologie prescrite par les régulateurs. Les événements de ces derniers mois ont mis en évidence une fois de plus le problème sur lequel j'attire l'attention depuis des années, à savoir que la mesure du risque sur la base de l'écart-type sur une période arbitraire est une recette qui mène droit au désastre. Le biais de récence nous fait souvent croire que les krachs boursiers sont des événements uniques, mais la vérité est qu'ils se produisent assez régulièrement – et pas seulement tous les dix ans.

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